Le pétrole, l’environnement et le côté économique des catastrophes

8 / 2008 at 6:00 pm 2 comments

Les leçons simples ne sont pas forcément faciles à apprendre.

Par exemple : le pétrole est une ressource non renouvelable et limitée (1)

Le pétrole et les conflits semblent être des frères jumeaux dans le monde d’aujourd’hui. Quand les gens pensent au pétrole, de façon générale ce sont ‘le progrès et le développement’ qui leur viennent à l’esprit. Ainsi, on parle de ‘huiler la roue du progrès’. De nos jours pourtant, ce que nous voyons et constatons est que le pétrole graisse les rouages du conflit. Et cela est particulièrement vrai dans le cas des champs de pétrole de l’Afrique.

La crise dont nous sommes témoins doit être considérée, du point de vue économique et politique, comme une grande entreprise à but lucratif. Il est indispensable de la voir sous cet éclairage pour comprendre pourquoi nous nous retrouvons cernés d’eau trouble et pour construire des ponts qui nous permettent de nous tirer d’embarras.

L’attrait exercé par le pétrole bon marché a maintenu en marche les tours de forage qui ont trépané l’âme de l’Afrique, déstabilisant les gouvernements et divisant les populations. Le pétrole est bon marché surtout parce que, dans la plupart des pays tropicaux, il est extrait sans se soucier du coût environnemental. Ainsi, les pauvres continuent de subventionner le pétrole brut par la perte de services environnementaux, la diminution de la qualité de leur vie et la dégradation écologique extrême. Il en découle des conflits permanents, à mesure que des groupes opportunistes et des gangs profitent de l’occasion pour tirer du système des profits financiers.

La fin du pétrole

Le monde a finalement pris conscience que le changement climatique était une réalité. La rudesse de certains phénomènes météorologiques anormaux a montré que même les pays les plus développés ne pouvaient pas y résister. Les inondations, les ouragans, les tornades, les sécheresses et les incendies d’énormes proportions deviennent de plus en plus fréquents. Ces phénomènes font que des citoyens du monde entier subissent de plus en plus de maladies, de pauvreté, de pertes et de souffrances sans nom. Et du fait que la crise climatique se traduit aussi par la diminution de l’accès aux ressources, les incidents et les conflits se multiplient à leur tour. Or, l’Afrique est le continent le plus durement touché et le plus vulnérable.

On croit en général que la production mondiale de pétrole atteindra bientôt un point culminant, et qu’à ce moment-là plus de la moitié des réserves actuellement confirmées auront été dépensées.(2) Certains experts estiment que le Nigeria a atteint sa production maximale il y a deux ans. Mais le Nigeria est en train de dire qu’il pourra porter sa production actuelle de 2,5 millions de barils par jour à 5,2 millions de barils par jour d’ici 2030, de manière à satisfaire la demande de pétrole des États-Unis si l’accès au brut du Moyen-Orient devient plus difficile. Nous venons d’apprendre que, début 2007, le Nigeria était devenu le troisième fournisseur de pétrole brut des États-Unis, après le Canada et le Mexique. (3) Pour souligner l’importance stratégique de la question, les États-Unis sont en train d’installer un centre de commandement militaire (Africa Command ou AFRICOM) dans le golfe de Guinée, possiblement pour veiller à ce que rien ne perturbe leur approvisionnement en pétrole dans la région.

Le rêve nigérian ne serait réalisable que si les résultats des recherches géologiques étaient incorrects : d’après les estimations, le pétrole du pays s’épuisera en moins de 30 ans si la production se poursuit au rythme actuel. En outre, l’escalade des conflits a provoqué de fortes chutes de la production à cause de la multiplication des groupes armés dans la région. La capacité de génération de conflits du pétrole s’avère grandissante dans le continent : le Cameroun et le Nigeria font jouer leurs muscles devant une région marécageuse riche en pétrole (dénommée Bakassi) située à l’extrême sud-oriental du Nigeria, dont les deux pays se disputent la propriété. La Cour internationale de justice a décidé que le territoire appartient au Cameroun, mais cela n’a pas l’air d’avoir résolu le problème dans ce coin du monde.

Dans leurs tentatives presque désespérées pour trouver du pétrole brut, les nations sont en train de prendre des initiatives audacieuses et innovantes. Nous avons récemment appris que la Russie avait revendiqué la propriété du Pôle Nord en y plantant un drapeau au fond de la mer, à 4,2 km de profondeur !(4) Le geste de planter un drapeau pour revendiquer la propriété d’un territoire est un symbole de victoire obtenue par les armes. Bientôt nous entendrons peut-être que, puisque les États-Unis ont planté un drapeau sur la lune en 1969, ils sont propriétaires de ce corps céleste.

Le pétrole et le conflit sont des frères siamois. Il est douteux que ce soit par hasard que l’on trouve du pétrole là où il y a des conflits. Prenons le cas du Darfour au Soudan. Alors que les sociétés transnationales du Nord sont souvent les coupables de la spoliation écologique, au Soudan le coupable est Sinopec, l’entreprise pétrolière étatique de la Chine. En 1999, lorsque les premiers barils de brut soudanais ont été embarqués, la guerre entre les forces gouvernementales et celles de l’Armée populaire de libération du Soudan s’est intensifiée. Si nous tournons les yeux vers le Moyen-Orient, nous voyons la brutalité d’une situation où l’on fait la guerre pour gagner de l’argent et pour s’approprier et maîtriser les ressources.

Tirer profit de la crise : l’économie de la guerre

Dans le monde entier, le chemin de l’exploitation du pétrole est jonché de cadavres et trempé de sang. Ce qui se passe au Nigeria en est un exemple éclatant. Le cas de l’Angola est encore frais dans nos mémoires. Naomi Klein a exposé adroitement la question de la rentabilité des catastrophes dans son nouveau livre, où elle dit : « Du moment que la pénurie de ressources et le changement climatique sont la source d’un nombre croissant de nouveaux désastres, la réponse aux situations d’urgence est devenue un marché émergent trop intéressant pour le laisser aux organisations sans but lucratif… pourquoi laisserait-on UNICEF rebâtir des écoles, si cela peut être fait par Bechtel, l’une des entreprises d’équipements les plus grandes des États-Unis ? » Elle demande aussi : « Pourquoi envoyer au Darfour les forces de maintien de la paix de l’ONU, s’il y a des entreprises de sécurité privées, comme Blackwater, qui cherchent de nouveaux clients ? » (5)

Il est instructif de constater que, précisément au moment où les champs de pétrole sont devenus des foyers de conflits et d’insurrections, les entreprises pétrolières sont en train de faire des bénéfices records. Ce boum touche aussi ceux qui participent au commerce d’armes, à la déconstruction/reconstruction, aux armées privées et à d’autres activités de ce genre. En octobre 2006, le mois où le nombre des victimes de la population civile iraquienne a atteint le sommet de 3 709 morts, un analyste de marché a déclaré que les profits de Halliburton au trimestre précédent avaient été « meilleurs que prévu ». Au dernier trimestre 2006, l’entreprise avait reçu un afflux de 20 milliards de dollars, rien que de la guerre d’Iraq.

Des communautés au fond du puits

Un activiste (6) a postulé que le gouvernement du Nigeria est victime du capitalisme des catastrophes et que le nouveau gouvernement est pris dans le filet des gangs tout-puissants impliqués dans les enlèvements de travailleurs pétroliers et d’enfants et parents de politiciens. Autrement dit, bien que les gouvernements et les entreprises pétrolières se bénéficient de la crise qui fait rage dans les champs pétroliers, dont ils tirent de gros profits et ce qu’on appelle des bénéfices exceptionnels, les uns comme les autres sont également vulnérables. Tous sont confrontés au problème d’accéder aux gisements et, avec le temps, même les installations offshore cesseront d’être sûres. Cela arrivera à moins qu’on fasse quelque chose pour se détourner des profits à court terme et rechercher la sécurité de l’environnement, des moyens de subsistance et du droit des gens à vivre d’une manière propice à leur développement. (7)

En outre, les installations sous-marines et en haute mer comportent des risques financiers spéciaux en plus des risques physiques. Les activités offshore se sont intensifiées dans le golfe de Guinée : Nigeria, Sấo Tomé e Príncipe, Guinée équatoriale, Angola et des nouveaux venus tels que le Ghana et la Sierra Leone. Ce qui rend les puits et les plateformes offshore si attrayants est leur apparente sécurité et le fait qu’il n’y a pas de comptes à rendre aux « communautés d’accueil », puisque personne ne peut facilement surveiller leurs activités au large. Pourtant, l’attaque d’une plateforme de la Bonga Floating Production Storage and Offloading (FSPO), à 75 kilomètres de la côte, qui aurait été commise par des militants du Delta du Niger, a fait partir en fumée le rêve de la sécurité. (8) La sécurité définitive sera peut-être atteinte lorsque les troupes des États-Unis débarqueront dans un des pays compris dans leur AFRICOM. Signalons que l’AFRICOM sera en plein fonctionnement en tant que commandement unifié en octobre 2008. (9)

Après l’attaque du World Trade Centre du 11 septembre 2001, la politique des États-Unis pour l’Afrique a été fondée sur le pétrole et le terrorisme. (10) On voit ce pays resserrer ses liens militaires avec ses protégés néolibéraux, tels que le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Mozambique, et essayer d’affaiblir l’OPEP en persuadant ses alliés d’abandonner le cartel ou, comme a dit un industriel, en le pelant de certains pays. En 2002 déjà, la politique du président Bush pour l’Afrique consistait à « renforcer l’armée et extraire le pétrole ».(11)

Environ 42 % du pétrole brut du Nigeria sont exportés aux États-Unis. En y ajoutant les énormes gisements du reste du golfe de Guinée, la région pourra satisfaire d’ici 2015 près de 25 % des besoins en pétrole de ce pays. Les États-Unis ont déjà laissé entendre que le golfe de Guinée est un espace non gouverné, ce qui ne laisse pas de doute qu’ils entendent combler cette lacune en y installant des bases militaires sous le drapeau de l’AFRICOM. Cette région acquiert une importance capitale comme source d’une matière première vitale à mesure que d’autres régions, comme le Moyen-Orient, deviennent trop chères à manipuler. L’Afrique est la jolie dame qui se laisse violer sans se plaindre. Mais pour combien de temps ?

En tant que centre de commandement uniquement centré sur l’Afrique, l’AFRICOM va au-delà de la simple réorganisation militaire, mais il sert surtout à frayer le chemin à d’autres changements qui font passer les solutions militaires avant les solutions diplomatiques. Le ministère de la Défense, par exemple, reprendra des fonctions qui appartenaient auparavant à des organismes civils. Parmi ces fonctions figureront la construction d’écoles et le forage de puits. Le commandement vise à protéger les ressources pétrolières pour assurer l’approvisionnement des États-Unis et pour freiner les incursions des Chinois dans la région. D’après resistAFRICOM, il est « conçu pour répondre aux intérêts immédiats des États-Unis sans se soucier des implications pour les habitants de l’Afrique ».(12)

Dans un document d’information, le forum transAfrica décrit l’AFRICOM comme « la plus récente répétition d’une politique étrangère axée sur l’exploitation des ressources naturelles et la prolifération de la Guerre mondiale contre le Terrorisme ».(13) L’organisation dit de cette politique pour l’Afrique qu’elle « décide unilatéralement de faire passer les intérêts du gouvernement et des entreprises des États-Unis avant la croissance de l’Afrique ».

Le continent africain semble avoir été partagé entre les entreprises pétrolières en concessions et terrains à exploiter et à détruire. Dans la ruée pour l’Afrique, les activités pétrolières se répandent rapidement dans l’Est et le Sud. Mais tandis que les magnats sont pris de la fièvre du pétrole et du gaz en Tanzanie, au Mozambique, à Madagascar, au Tchad, en Mauritanie, en Éthiopie, en Érythrée, en Somalie et ailleurs, les communautés locales ne sont jamais mises au courant de ce qui est sur le point de leur tomber dessus.

Le gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (West African Gas Pipeline), qui est déjà en fonctionnement, en est un exemple. Dès le commencement des travaux les communautés s’étaient plaintes que les normes environnementales, même celles de la Banque mondiale qui finançait le projet, n’étaient pas respectées. Or, ce n’est que maintenant que la Banque mondiale admet cette grave erreur. Il a été rapporté que, « suite à la demande de certaines communautés nigérianes, qui affirment que le projet WAGP avait des effets négatifs sur leur sécurité, leur environnement et leurs moyens de vie, la banque a désigné un panel d’inspection. […] le panel dirigé par M. Warner Kiene a dit mercredi au Conseil d’Administration de la banque que la banque n’avait pas observé ses politiques et procédures concernant l’évaluation environnementale, la supervision du projet et la réinstallation involontaire, et qu’elle avait porté un préjudice irréparable aux moyens de subsistance des communautés ».(14)

Comme nous l’avons déjà signalé, les entreprises pétrolières tirent un profit énorme, et on pourrait même dire qu’elles sont les instigatrices, de la crise associée à cette industrie. La prise de conscience mondiale sur le pic pétrolier et le changement climatique, les prix du pétrole constamment élevés du fait des conflits au Nigeria et en Iraq et des troubles en Turquie, au Pakistan, en Iran, etc., peuvent avoir un effet assez perturbateur. Les arrangements concernant les joint-ventures sont incroyablement biaisés en faveur des entreprises, non seulement du côté financier mais en ce qui concerne la responsabilité en matière d’environnement et les comptes à rendre aux communautés. Les Nigérians se plaignent du gros gaspillage de gaz naturel que font les entreprises quand elles le brûlent, mais le gouvernement est complice de ce crime odieux. Chaque jour, 15 millions USD partent en fumée, faisant passer dans l’air d’énormes quantités de gaz à effet de serre et de substances toxiques. Pas un souffle d’air frais près de ces torchères. Elles causent de l’asthme, des bronchites, des cancers et des troubles sanguins. Elles déversent des pluies acides sur la terre, la végétation, les bâtiments et les gens.(15)

Les communautés pétrolières perdent sur tous les tableaux

Il est fréquent d’entendre dire que les ressources du Nigeria sont la cause de ses problèmes, mais cela n’est pas forcément vrai : la richesse que nous possédons est une bénédiction, et non une malédiction ; il n’est pas obligatoire qu’elle entrave le développement. Cependant, la ruée pour cette richesse entrave notre capacité collective de résoudre les conflits dans lesquels nous sommes plongés. Et cela est dû surtout à la privatisation des fonds publics générée par l’exploitation des ressources de propriété publique.

La situation de crise doit être perçue comme le résultat de l’interaction de nombreux facteurs interdépendants, et non comme le résultat d’un seul déterminant. Comme l’explique un analyste, « On a souvent tendance à s’occuper des acteurs locaux : élites étatiques ou politiques, milices ou chefs militaires, bureaucraties faibles ou ineptes, sans faire attention au rôle des acteurs extérieurs et transnationaux et à l’absence de transparence qui empêche de voir à quel point ils sont impliqués dans ces conflits ». (16)

Aujourd’hui, les communautés pétrolières de l’Afrique posent des questions. Elles veulent savoir pourquoi il faut continuer à extraire du pétrole chez elles, alors que le processus et le produit lui-même empoisonnent leurs terres, leurs eaux et leur atmosphère. Elles veulent savoir pourquoi elles doivent vivre entourées de déversements de pétrole, de torchères de gaz et des perturbations morales, économiques et sociales que l’industrie pétrolière laisse sur son sillage. Elles veulent savoir pourquoi elles doivent regarder en silence le grave déboisement causé par cette industrie. Elles demandent qu’on laisse le pétrole brut à sa place, dans le sous-sol.

Nnimmo Bassey,
Environmental Rights Action, adresse électronique : nnimmo@eraction.org, http://www.eraction.org/

[1] Floegel, Mark, Half a Tank: The Impending Arrival of Peak Oil, Washington: Multinational Monitor, janvier-février 2007), p. 15.

[2] Multinational Monitor, The End of Oil (éditorial), Washington, numéro de janvier-février 2007, p. 6. Ce numéro du Multinational Monitor montre, entre autres choses, que « le contrôle exercé par les entreprises sur la politique énergétique et les ressources énergétiques, surtout aux États-Unis, le pays le plus consommateur d’énergie du monde, est le seul obstacle majeur qui empêche de ralentir et de renverser la course effrénée du monde vers la catastrophe ».

[3] Akande, Laolu, Nigeria is third largest oil exporter to U.S., Lagos, The Guardian, 13 juin 2007, http://www.guardiannewsngr.com/news/article02.

[4] BBC: Russia plants flag under N Pole, http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/6927395.stm.

[5] Klein, Naomi, The Shock Doctrine, Londres, Penguin Books, 2007, p. 15.

[6] Communication privée avec l’auteur.

[7] Comme prévu dans la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, article 24.

[8] Voir http://www.vanguardngr.com/index.php?option=com_content&task=view&id=11187&Itemid=0.

[9] US Africa Command Reaches Initial Operating Capability, communiqué de presse 08-001, 1er octobre 2007. Voir http://www.africom.mil/.

[10] Feller, John, éd., Power Trip – U.S. Unilateralism and Global Strategy after September 11, Seven Stories Press, New York, 2003, p. 149.

[11] Montague, Dena, Africa: The New Oil and Military Frontier, mise à jour de l’Arms Trade Resource Center, 20 septembre 2002.

[12] Voir http://www.resistafricom.org pour davantage d’information à ce sujet et sur des questions connexes.

[13] Voir le document d’information de transAfrica : AFRICOM, The «Freedom Agenda» on the African Continent, juin 2008, http://www.transafricaforum.org.

[14] World Bank tackles effects of W’Africa gas project. The Guardian, Lagos, 08-08-2008, disponible sur http://www.guardiannewsngr.com/news/article05//indexn2_html?pdate=080808&ptitle=World%20Bank%20tackles%20effects%20of%20W’Africa%20gas%20project.

[15] Conant, Jeff et Fadem, Pam, Community Guide to Environmental Health, Hesperian Foundation, 2008.

[16] Obi, Cyril, Oil and Development in Africa: Some Lessons from the Oil Factor in Nigeria for the Sudan (Copenhague, Rapport DISS 2008:8 : Oil Development in Africa: lessons for Sudan after the Comprehensive Peace Agreement, édité par Luke Patey, 2007), p. 14.

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2 Comments Add your own

  • 1. Mvumbi Mavungu Willy  |  7 / 2010 at 4:00 pm

    Salut,

    Je suis intéressé et voudrais commencer à recevoir vos bulletins.

    Reply
  • 2. de comptabilite  |  11 / 2014 at 9:09 pm

    fabuleux post, merci beaucoup.

    Reply

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