État actuel et conservation des mangroves de l’Afrique : vue d’ensemble

8 / 2008 at 4:55 pm 14 comments

Introduction

Les formations forestières dénommées mangroves, caractéristiques des régions littorales tropicales et subtropicales, couvrent la plupart des côtes de l’Afrique et ont toujours joué un rôle écologique, économique et socioculturel important dans la vie des populations côtières du continent. Cet article présente une vue d’ensemble de la situation actuelle des mangroves de l’Afrique : leur distribution, leur diversité biologique, les dangers et les lacunes des principales initiatives pour leur conservation. De même, il apporte des recommandations sur la manière de combattre les menaces croissantes, de résoudre les problèmes concernant leur exploitation durable et de restaurer ces écosystèmes.

Étendue et distribution

Les mangroves du continent africain couvrent plus de 3,2 millions d’hectares, ce qui représente environ 19 % du total mondial. Elles se répartissent sur trois sections principales : le littoral atlantique occidental (1,5 million d’hectares, 49 %), le littoral atlantique central (0,4 million d’hectares, 14 %) et le littoral de l’Océan indien (1,2 million d’hectares, 37 %) [Figure 1]. Dans le littoral atlantique occidental, les mangroves s’étendent de la Mauritanie au Sénégal dans le delta du Saloum, Casamance du Sud, sur la Guinée Bissau et la Guinée du Sud ; dans le golfe de Guinée, elles s’étendent depuis les côtes du Liberia jusqu’à celles de l’Angola. Le Nigeria possède les mangroves les plus étendues de l’Afrique [Table 1 et Figure 2], situées dans le delta du Niger, où elles couvrent 0,8 million d’hectares et jouent un rôle capital dans le soutien de la riche faune de la région. En Afrique de l’Est, les mangroves couvrent les côtes de la Somalie, le Kenya, les Seychelles, la Tanzanie, Madagascar, le Mozambique et l’Afrique du Sud. Le climat y est surtout humide et tropical, mais il devient plus tempéré vers l’Angola et l’Afrique du Sud. Les palétuviers qui constituent les mangroves africaines varient légèrement dans leur distribution phytogéographique. L’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale ont trois familles qui comprennent six espèces : Avicenniaceae (Avicennia germinans ou palétuvier blanc), Combretaceae (Laguncularia racemosa et Conocarpus erectus), et Rhizophoraceae (Rhizophora harrisonii, R. mangle, R. racemosa, que l’on appelle palétuviers rouges). R. racemosa, avec ses longues échasses droites, est dominante dans la région où elle forme des bosquets purs, surtout dans les estuaires des régions de balancement des marées. R. harrisonii et R. mangle sont respectivement de petits arbres et des arbustes. En Afrique de l’Est, il y a 10 espèces de palétuviers, les espèces dominantes étant Rhizophora mucronata, Ceriops tagal et Avicennia marina [Semesi, 1998] qui occupent au total 1,1 million d’hectares [Spalding et al., 1997].

Figure 1: distribution des mangroves par région (source : PNUE 2003, 2006)

Table 1 : étendue, distribution et état des mangroves de l’Afrique (source : PNUE 2003, 2006)

Figure 2 : distribution des mangroves en Afrique par pays (source : PNUE, 2003, 2006)

Diversité biologique

Les mangroves africaines sont très diverses, du point de vue morphologique et quant à la flore et la faune qu’elles contiennent. Il existe en Afrique 17 espèces de palétuviers, dont huit existent uniquement en Afrique centrale et de l’Ouest et neuf ne se trouvent que sur les côtes orientales du continent. Les espèces de palétuvier exclusives de l’ouest et du centre sont : Rhizophora racemosa, Rhizophora harrisonii, Rhizophora mangle; Avicennia germinans; Lagunculacia, Conocarpus erectus ; la fougère Acrostichum aureum et le palmier introduit Nypa fucticans (Arecaceae). Les espèces de paletuvier exclusives des côtes orientales sont : Avicennia marina, Avicennia officinalis, Bruguiera gymnorrhiza, Ceriops tagal, Heritiera littoralis, Lumnitzera racemosa, Rhizophora mucronata, Sonneratia alba et Xylocarpus granatum. La composition de la faune est elle aussi très diverse : des mammifères (singes, antilopes, lamantins), des mollusques (bivalves, huîtres), des crustacés, des poissons, des reptiles et des oiseaux surtout aquatiques.

Fonctions principales

Les mangroves sont très importantes à de nombreux égards : du point de vue biologique, elles possèdent une forte diversité faunistique et plus de 80 % des poissons commerciaux et d’autres espèces aquatiques y passent la plupart de leur cycle de vie ; du point de vue écologique, elles jouent un rôle crucial dans la fertilisation, la stabilisation, la filtration, la régulation du microclimat et le soutien de la chaîne alimentaire, et en tant que frayères de nombreuses espèces de poissons et d’invertébrés ; du point de vue économique, elles fournissent un large éventail de produits ligneux et non ligneux qui soutiennent les économies rurales, et elles ont de grandes possibilités dans le domaine de l’écotourisme.

Menaces

Malgré les caractéristiques et l’importance de cet écosystème fragile, les mangroves de l’Afrique ont subi d’énormes pressions au cours des dernières décennies, au point que, en Afrique occidentale et centrale, 20-30 % des mangroves ont disparu en 25 ans [Table 1]. Cela est dû à plusieurs facteurs, en particulier à l’urbanisation, au développement des infrastructures urbaines, à l’exploitation des carrières, du sel et du sable, à la pollution provoquée par les industries, les produits agrochimiques industriels et l’exploitation du pétrole et du gaz, à l’absence d’une législation appropriée, au déboisement pour le fumage de poisson [Ajonina et Usongo, 2001 ; Ajonina et al. 2005], à la prolifération d’espèces envahissantes et aux effets du changement climatique, accentués par la croissance démographique. Ces facteurs sont régionaux, d’origine naturelle et humaine. Sur les côtes occidentales de la Mauritanie, les dangers sont d’origine naturelle et découlent surtout de la sécheresse et de l’intrusion du sel. Dans le golfe de Guinée, du Liberia à l’Angola, les mangroves subissent les conséquences de l’extraction de bois pour le fumage de poisson et pour la construction ; en outre, l’exploration et l’exploitation du pétrole et du gaz le long des côtes les menace de plus en plus.

L’élevage de crevettes pratiqué dans le Sud-Est asiatique atteint maintenant l’Afrique de l’Ouest, qui se voit maintenant menacée par la prolifération de cette industrie.

Les causes profondes de la dégradation des mangroves en Afrique de l’Est sont associées à la pression démographique, à la mauvaise administration, à la pression économique dans les zones urbaines et rurales, à la pauvreté des communautés locales et à la distribution inégale des ressources. En outre, des facteurs liés au changement climatique, tels que l’élévation du niveau de la mer et l’augmentation de la sédimentation, ont affecté les mangroves du Kenya, de la Tanzanie et du Mozambique ([FAO, 2005]. Cela a provoqué à son tour la pénurie de bois de chauffage et de matériaux de construction, la diminution de la pêche, l’accélération de l’érosion côtière, la perte de moyens de vie et l’aggravation de la pauvreté [Abuodha et Kairo, 2001]. D’après une évaluation récente des mangroves du monde, l’Est de l’Afrique a perdu environ 8 % de sa surface de mangroves au cours des 25 dernières années, à un rythme de près de 3 000 ha par an [FAO, 2005].

Conséquences générales de ces menaces

Le taux actuel de dégradation des mangroves menace gravement ces écosystèmes fragiles et diminue leur capacité d’atténuer les effets du changement climatique. Les raz de marée, les inondations et les désastres naturels constatés ces dernières années dans les zones côtières sont la preuve d’une augmentation de la vulnérabilité attribuable surtout à la pression humaine. Bien que certains gouvernements de la région aient adopté des politiques diverses pour la conservation de la diversité biologique, la conservation des mangroves ne fait pas encore l’objet de mesures suffisantes. Ainsi, le maintien de l’équilibre entre les besoins des populations côtières et le potentiel écologique des mangroves qui restent devrait susciter un intérêt renouvelé, écologique ou économique, à l’échelon national et international, pour conserver les mangroves d’Afrique au moyen d’efforts concertés.

Initiatives de conservation

Pour freiner la destruction des mangroves, de nombreuses initiatives ont été prises. Les gouvernements ont adopté des législations et signé des conventions internationales, dont la Convention sur le changement climatique, la Convention sur la diversité biologique, la Convention sur le commerce international des espèces menacées, la Convention sur la couche d’ozone et la Convention Ramsar sur la conservation des zones humides. Beaucoup de gouvernements ont formulé des plans d’action nationaux pour la mise en œuvre de ces conventions internationales, en incluant les mangroves dans les zones protégées (18-22 % des mangroves sont protégées en Afrique de l’Est et du centre) [Table 1]. Malgré ces efforts, les politiques, les lois et les mesures institutionnelles pour la protection des mangroves restent insuffisantes. Les mangroves sont souvent définies de façon marginale et placés sous l’autorité d’institutions diverses dont les rôles sont contradictoires. Au Cameroun, par exemple, les mangroves dépendent de plusieurs ministères : le ministère des Forêts et de la Faune, le ministère de l’Environnement et de la Protection de la nature, le ministère du Tourisme, le ministère de la Pêche et des Industries animales. Les organisations non gouvernementales nationales et internationales ont contribué aussi à leur conservation, par des projets et des programmes divers concernant la conservation de la diversité biologique, la gestion rationnelle des ressources naturelles et la réduction de la pauvreté. Le Réseau africain pour la protection des mangroves (African Mangrove Network), qui regroupe des organisations de la société civile et possède plusieurs centres nationaux (le Réseau pour la conservation des mangroves au Cameroun, la Mangrove Conservation Society au Nigeria, le Kwetu Center au Kenya, FACE au Liberia, AGRETAGE en Guinée et WAAME au Sénégal, où se trouve le secrétariat) a joué un rôle important dans la protection des mangroves. La plupart des activités du réseau ont bénéficié de l’aide financière de l’UICN NL (Pays-Bas) et du SSNC (Suède) pour des programmes qui vont de la régénération des mangroves à la promotion de possibilités de génération de revenus et à la formulation de plans de gestion dans divers pays.

Conclusion et perspectives

Le maintien de l’équilibre entre les besoins des populations côtières et les potentialités écologiques des mangroves qui restent a suscité un renouveau d’intérêt d’ordre écologique ou économique, aux plans national et international, à l’égard des marais de mangrove de l’Afrique, qui s’est traduit par des initiatives concertées. Bien que celles-ci ne soient pas encore suffisantes, on cherche en permanence des stratégies qui permettent la gestion durable de cet écosystème rare et fragile, qui a été dégradé au point d’être en péril d’extinction et qui est si important des points de vue biologique, écologique et économique. Les organisations de la société civile, telles que les associations et les organisations de base communautaire, y jouent un rôle complémentaire qui est loin d’être négligeable. La participation du secteur privé, qui joue aujourd’hui un rôle passif, deviendra plus importante. La recherche scientifique est très importante, car c’est elle qui peut apporter les informations nécessaires à une bonne gestion. Cette recherche devrait cesser d’être uniquement descriptive et fournir davantage d’informations quantitatives sur l’état des ressources, la dynamique démographique et la résistance à des facteurs humains ou naturels ; ces informations permettront de fixer les limites d’une utilisation rationnelle. La coopération est nécessaire à tous les niveaux, et c’est maintenant qu’il faut agir pour sauver nos mangroves d’une plus grande destruction. Unissons-nous donc pour sauver les mangroves de l’Afrique.

Gordon Ajonina (1), Abdoulaye Diamé (2) et James Kairo (3)

(1) Coordinateur national du Réseau camerounais pour la Conservation des écosystèmes de Mangrove, BP 54, Mouanko, Province du Littoral, Cameroun, gnajonina@hotmail.com

(2) Secrétaire exécutif du Réseau africain pour la Conservation de la Mangrove, BP 26352, Dakar, Sénégal, Afrique de l’Ouest, abdoulayediame@yahoo.com

(3) Mangrove System Information Service, c/o Kenya Marine and Fisheries Research Institute, gkairo@yahoo.com

Références

Abuodha, P.A., Kairo, J.G., 2001 : Human-induced stresses on mangrove swamps along the Kenyan coast. Hydrobiologia Vol. 458, p. 255-265.

Ajonina, G.N. et Usongo, L., 2001 : Preliminary Quantitative impact assessment of wood extraction on the mangroves of Douala-Edea forest reserve, Cameroun. Tropical Biodiversity 7(2)3: 137-149.

Ajonina, G.N., Ayissi, I. et Usongo, L., 2004. Inventaire des Zones Humides Côtieres du Cameroun. Rapport de Wetlands International, 68p.

Ajonina, P.U., Ajonina, G.N., Jin, E. Mekongo, F., Ayissi, I. et Usongo, L., 2005. Gender roles and economics of exploitation, processing and marketing of bivalves and impacts on forest resources in the Douala-Edaa Wildlife Reserve, Cameroon. International Journal of Sustainable Development and World Ecology 12(2005): 161- 172.

FAO, 2005 Status and trends in mangrove area extent worldwide. Document de travail nº 63. Division Ressources Forestières, FAO, Rome.

Kairo, J. G., Dahdouh-Guebas, F., Bosire, J. et Koedam, N., 2001 : Restoration and management of mangrove systems – a lesson for and from the East African region. South African Journal of Botany, 67: 383-389.

Spalding, M.D., Blasco, F. et Field, C.D., éds., 1997 : World Mangrove Atlas. The International Society for Mangrove Ecosystems, Okinawa, Japon. 178 p.

PNUE, 2003 : Mangroves of East Africa, PNUE – Programme pour les mers régionales, UNEP-WCMC, http://www.unep-wcmc.org/resources/publications/UNEP_WCMC_bio_series/index.aspx.

PNUE, 2007 : Mangroves of Western and Central Africa, PNUE – Programme pour les mers régionales, UNEP-WCMC, http://www.unep-wcmc.org/resources/publications/UNEP_WCMC_bio_series/index.aspx.

Dans la section spéciale du WRM « Les avis des Africains sur les forêts » vous trouverez de plus amples informations sur les mangroves de plusieurs pays du continent, envoyées par nos amis de l’African Mangroves Network (Réseau africain pour les mangroves) à l’intention des lecteurs de notre bulletin.

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Ouganda : le prix de vivre près du parc national du Mont Elgon L’impact des politiques pour la conservation des forêts sur les communautés du Sud-Est de Madagascar. Leçons de durabilité tirées des Nouvelles Aires Protégées

14 Comments Add your own

  • 1. Antonin PAMBOU  |  6 / 2011 at 9:38 am

    je souhaite m’inscrir à ce bulletin

    merci

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  • 2. viviane  |  10 / 2012 at 5:19 pm

    bonjour,
    je souhaite m’inscrir à ce bulletin.En effet,Je suis un étudiante en géographie à l’université de Dschang .J’ai soutenu ma thèse de master en juillet passé.Cette thèse était intitulée “colonisation des mangroves autour de l’aéroport de Douala:Perception de l’espace et résilience des pauvres face aux risques”ce travail de recherche avait pour objectif de développer les risques présent stratégies anti-risques mises sur pied par les populations qui vivent dans ces mangroves et attirer l’attention de ces populations sur le fait que l’occupation des mangroves constitue d’énormes dépenses.Tout ceci pourra nous aider plus tard à protéger l’écosystème mangrove une fois que ces populations prendrons conscience des risques auxquels elles sont exposées et des lourdes sommes d’argent qu’elles dépensent pour s’installer dans ce milieu environnementalement vulnérable.

    Reply
  • 3. MBOUNGOU DJOH DE-BRONTH  |  11 / 2012 at 9:54 pm

    bonsoir je souhaiterai m’inscrire à ce bulletin. en effet, je suis un jeune étudiant en année de DEA à l’université Marien Ngouabi de Brazzaville, au Congo. je travaille sur la pollution urbaine urbaine et la dégradation de l’environnement. en année de thèse, je souhaite travailler sur la gestion des déchets urbains et la protection de l’environnement au Congo Brazzaville. j’aimerai être en contact avec vous pour des échanges fructueux.

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